Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /Nov /2009 08:40

Monsieur François Hollande, président de son état, pas le grand président, celui auquel on pense quand on se rase, l'autre, le moins bien, président d'un département, le nôtre, celui de la Correze, où se disséminent « que » deux cent trente sept mille habitant, Monsieur François Hollande, disais-je, passait à la télé. Non pas pour parler, ou mieux encore, dénoncer la désindustrialisation des portes du midi, mais pour parler de politique. Ne rêvez pas, chers lecteurs patients, pas la politique de développement, encore moins durable, celle qui fera que la gentille dame qui était intervenue lors d'un meeting pour se plaindre que le bras de la Corrèze qui lui inonde régulièrement son jardin potager conservera ses carottes et ses salades, ni pour clairement expliquer pourquoi nos impôts devraient servir à améliorer le sort d'une clinique privée, ceci, c'est de la politique qu'on laisse aux techniciens. On parlait à cet endroit de la grande politique. Qui fera barrage à qui, qui sera celui, brillant orateur, qui damera le pion à son petit camarade d'assemblée, humoriste et grand tombeur à ses heures, on y fait la politique de la phrase tronquée qui n'a pour seul intention que donner du travail au commentateur politique, qui lui comprends l'allusion, la manoeuvre savante qui rapprochera du pouvoir. La désindustrialisation, le chômage, la grande vision fédératrice, on verra à ce moment là, plus tard.

Bref, on causait dans le poste ce soir là. Et la phrase est venu. Pas toute seule, la pauvrette, accompagnée d'autres, sur la décroissance, l'éclairage à la bougie, enfin tous les poncifs de café du commerce que l'on réserve généralement au sujet du voisin à cheveux longs qui élève ses chèvres en fumant de malodorantes cigarettes artisanales subrepticement cachée en présence des forces de l'ordre. Il a dit: je n'ai pas de problèmes avec le nucléaire. Le président du conseil général de la Corrèze, située en région Limousin, laquelle s'enorgueillit d'être au top trois des régions les plus touchée par les effluents contaminés par le lâche abandon de l'exploitation minière de l'uranium, là où le cancer fait florès, n'a pas de problème avec le nucléaire. Quand le sujet entraîne les plus grands chercheurs spécialisés dans le domaine à infructueusement tenter de résoudre l'épineux problème du stockage des déchets, quand les morts de Tchernobyl ne cesse de se compter en dépit des tentatives d'imposer un blackout de l'information, quand partout sur la région se révèlent les emplacements contaminés maladroitement dissimulés par Areva, quand on apprends régulièrement que la mafia sicilienne, la camora napolitaine et les organisations mafieuses russes et voisines coulent volontairement, et ceci avec la plus lamentable complicité des entreprises productrices de déchets, des navires entiers de produits radio actifs au large de nos côtes et celles de nos voisins africains, on ne peut que se rendre à l'évidence: il y a pourtant bien un problème avec le nucléaire. L'AIEA elle même, l'indicible, l'inénarrable Agence Internationale de (promotion de) l'énergie Atomique nous dit: les stocks disponibles en l'état actuel de nos connaissances et de consommation ne devraient pas dépasser soixante dix années. Il s'agirait donc de cochonner la terre et les mers des soixante mille génération à venir pour pouvoir éclairer comme un arbre de Noël la zone industrielle et commerciale de Brive-ouest inoccupée la nuit pendant soixante dix ans. Comme dit le proverbe contemporain corrèzien: Quand la bêtise rencontre l'ignorance, les problèmes disparaissent.

Par Marc Horvat
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 08:11

 

Des millions de blogs existent déjà, des kilomètres de textes pour éclairer la nuit de la communication télévisuelle, celle qui laisse si peu de place à la conversation savante. Bien sur, la plupart des blogs ne sont pas savants, et celui-ci ne déroge pas à la règle, mais comment autrement percer le mur que la pensée dominante à érigé. Les crises se télescopent les unes aux autres, certains décrivent l'effondrement apocalyptique de la planète avec une joie malsaine, avec pour seul écho le triste programme que nous rabâchent les partis traditionnel. Trois pour cent d'augmentation du SMIC, une piscine par ci, une caméra vidéo par là et continuez à travailler, on s'occupe de tout. Sauf qu'on s'occupe de tout avec nos mandataires, les grandes entreprises, les barons locaux du goudron et du béton, les immobiliers, comment faire autrement, c'est à eux que l'on doit l'emploi. Alors on recommence, on change la raison sociale sur la boutique, un coup à gauche, un coup à droite, le poing fièrement serré contre le coeur, la promesse au klaxon de sa voiture cocardée, nous ne feront pas comme ceux d'avant, nous changerons les choses... Et puis le rythme reprend, les courtisans un temps esseulés par la perte du maître, resserrent la cravate, polissent les Weston's et révisent le vocabulaire des nouveaux venus. Le bal est alors ouvert, un temps intimidés, les bouteilles de champagne redressent le goulot, les cigares survivant de la précédente majorité frémissent à l'idée de rejoindre la lèvre du puissant, et les traiteurs qui avaient été boudés le temps de vider les frigos se procurent les catalogues d'auto neuves, la fête reprends.

Vous avez compris, chers nouveaux lecteurs, ce blog est un blog déçu...

Par Marc Horvat
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