Monsieur François Hollande, président de son état, pas le grand président, celui auquel on pense quand on se rase, l'autre, le moins bien, président d'un département, le nôtre, celui de la Correze, où se disséminent « que » deux cent trente sept mille habitant, Monsieur François Hollande, disais-je, passait à la télé. Non pas pour parler, ou mieux encore, dénoncer la désindustrialisation des portes du midi, mais pour parler de politique. Ne rêvez pas, chers lecteurs patients, pas la politique de développement, encore moins durable, celle qui fera que la gentille dame qui était intervenue lors d'un meeting pour se plaindre que le bras de la Corrèze qui lui inonde régulièrement son jardin potager conservera ses carottes et ses salades, ni pour clairement expliquer pourquoi nos impôts devraient servir à améliorer le sort d'une clinique privée, ceci, c'est de la politique qu'on laisse aux techniciens. On parlait à cet endroit de la grande politique. Qui fera barrage à qui, qui sera celui, brillant orateur, qui damera le pion à son petit camarade d'assemblée, humoriste et grand tombeur à ses heures, on y fait la politique de la phrase tronquée qui n'a pour seul intention que donner du travail au commentateur politique, qui lui comprends l'allusion, la manoeuvre savante qui rapprochera du pouvoir. La désindustrialisation, le chômage, la grande vision fédératrice, on verra à ce moment là, plus tard.
Bref, on causait dans le poste ce soir là. Et la phrase est venu. Pas toute seule, la pauvrette, accompagnée d'autres, sur la décroissance, l'éclairage à la bougie, enfin tous les poncifs de café du commerce que l'on réserve généralement au sujet du voisin à cheveux longs qui élève ses chèvres en fumant de malodorantes cigarettes artisanales subrepticement cachée en présence des forces de l'ordre. Il a dit: je n'ai pas de problèmes avec le nucléaire. Le président du conseil général de la Corrèze, située en région Limousin, laquelle s'enorgueillit d'être au top trois des régions les plus touchée par les effluents contaminés par le lâche abandon de l'exploitation minière de l'uranium, là où le cancer fait florès, n'a pas de problème avec le nucléaire. Quand le sujet entraîne les plus grands chercheurs spécialisés dans le domaine à infructueusement tenter de résoudre l'épineux problème du stockage des déchets, quand les morts de Tchernobyl ne cesse de se compter en dépit des tentatives d'imposer un blackout de l'information, quand partout sur la région se révèlent les emplacements contaminés maladroitement dissimulés par Areva, quand on apprends régulièrement que la mafia sicilienne, la camora napolitaine et les organisations mafieuses russes et voisines coulent volontairement, et ceci avec la plus lamentable complicité des entreprises productrices de déchets, des navires entiers de produits radio actifs au large de nos côtes et celles de nos voisins africains, on ne peut que se rendre à l'évidence: il y a pourtant bien un problème avec le nucléaire. L'AIEA elle même, l'indicible, l'inénarrable Agence Internationale de (promotion de) l'énergie Atomique nous dit: les stocks disponibles en l'état actuel de nos connaissances et de consommation ne devraient pas dépasser soixante dix années. Il s'agirait donc de cochonner la terre et les mers des soixante mille génération à venir pour pouvoir éclairer comme un arbre de Noël la zone industrielle et commerciale de Brive-ouest inoccupée la nuit pendant soixante dix ans. Comme dit le proverbe contemporain corrèzien: Quand la bêtise rencontre l'ignorance, les problèmes disparaissent.
