Dimanche 31 janvier 2010
7
31
/01
/Jan
/2010
18:14
Ceci est une tentative de réponse au monsieur âgé rencontré hier sur le marché de Brive-la-Gaillarde, qui visiblement a été profondément déçu par la « représentation » politique. En
période de campagne, tout est permis, tout le monde propose la lune et des lendemains qui chantent. Sauf que les lendemains se boivent en potions amères: les sans logis sont toujours là, et plus
nombreux, la fracture sociale n'est pas plâtrée, et on travaille plus (quand on a un boulot) en gagnant moins et les exemples ne se comptent plus, un blog n'y suffirait pas. Alors, pourquoi y
aller?
Nous sommes des citoyens ordinaires, insatisfaits des choix faits en notre nom. Nous vivons la solidarité au quotidien, et n'acceptons pas d'être des pions passifs de la seule concurrence. Nous
refusons d'être considérés comme de simple consommateurs, nous voulons choisir ce qui fera notre quotidien, autrement qu'en disant oui ou non les soirs d'élection. Nous refusons de payer pour des
enjeux qui ne sont pas les nôtres, et refusons de payer de notre santé et celle de nos enfants l'insatiable goinfrerie d'une minorité. Nous voulons profiter de ce que la terre nous offre, boire
de l'eau propre, manger les fruits de la terre, sans que l'on ne rajoute dedans des produits toxiques qui ne sont là que pour enrichir ceux qui ne mangent pas ce qu'ils produisent. Nous voulons
travailler à proximité de nos familles, de nos amis, sans être obligés de quitter ceux qu'on aime parce qu'ailleurs ce serait plus « rentable ». Nous voulons habiter des logements
confortables, qui ne soient pas des sources d'angoisse au moment de faire le chèque du chauffage. Nous préférons donner de l'argent ou de la nourriture à une personne en difficulté plutôt que
donner à des banquiers qui retourneront illico le jouer au grand casino de la bourse. Nous ne voulons pas que tout soit à vendre. La santé, l'éducation entre autres, ne sont pas une marchandise.
Beaucoup d'entre nous sont acteurs des associations, comme des millions de français, être ensemble nous paraît plus important que d'être contre les autres. Non, la politique locale ne rapporte
pas d'argent. Être conseiller régional, c'est 1200€ par mois, sans retraite et sans chômage. Le faire correctement, c'est y être a plein temps, se déplacer constamment, et on ne passe pas à la
télé. A ma connaissance, personne en Limousin sur la liste Europe écologie n'a d'ambition de « carrière » politique.
Voter pour nous, ce n'est pas revoir pendant les trente ou quarante prochaines années notre trombine sur tous les médias.
Par Marc Horvat
5
Jeudi 28 janvier 2010
4
28
/01
/Jan
/2010
10:10
Le pompier, bien campé sur ses deux jambes, le visage rougi par les flammes qui dévorent le toit de la maison, s'adosse au camion dans lequel, malgré l'urgence, son collègue semble endormi et
dit: « si vous souscrivez dès maintenant à la carte fidélité incendie, noyade et enfant en péril, je peux m'arranger pour que profitiez des sept pour cent de remise immédiate sur
l'intervention d'aujourd'hui. Si vous prenez en plus la Gold master inno kill save, nous pourrions vous faire bénéficier d'une équipe premium pour la prochaine fois, avec deux pompiers
supplémentaires et le camion fullsize. Vous devriez vous décider, le feu attaque les étages inférieurs. Avez-vous une carte de paiement ou réglez vous par espèces?»
Pour lutter contre un cauchemar en voie de généralisation, à l'hôpital, pour les communications, les assurances santé, les impôts, l'éducation et la poste (entre autre), est né hier soir le
COMITE DEPARTEMENTAL DE DEFENSE ET DE DEVELOPPEMENT DES SERVICES PUBLICS. Tous les partis de gauche étaient présent, le PS, absent, devant se situer ailleurs, la FSU et la CGT, le comité de
défense de l'hôpital public, ATTAC, cap à gauche. Ce comité est ouvert à toute personne partageant le refus de voir la solidarité disparaître de nos villes et de nos campagnes, ceci quelque soit
son appartenance politique.
Et le postier, goguenard, « au dessus de sept cent cinquante grammes, vous devez souscrire à un abonnement « tous objets », le vôtre, à trente deux Euros par mois, ne permet que de
recevoir des plis normaux, pour les colis et les recommandés, "le tous objets" est à quarante et un Euro, avec un sur coût de deux Euro en cas d'absence. Quelqu'un de chez nous repassera quand
vous aurez le bon abonnement » Et mon colis?
Par Marc Horvat
0
Mardi 26 janvier 2010
2
26
/01
/Jan
/2010
10:08
Il se trouve qu'en ce temps là, les poules furent légions
pondeuses elles étaient, sans prétention pour les concours
ces volatiles sans panache n'étaient pas le faisan des cours
on aimait parmi les belles gens plutôt la viande du pigeon
Or les modes comme les titres et les gloires se défont
il ne fut plus question que de renard, de sa grâce et ses atours
non pas qu'il n'y en eu auparavant dans les campagnes autour
mais l'animal est héros des bourgeois, de malin il fut fait bon
pris sur le fait, on chantait encore ses louanges à la télévision
c'en fut fini des ressources et des bienfaits des basses-cours
car le goupil saigne et pille la gueule comme un four
vole les braves gens comme font les banquiers dont il est blason
Par Marc Horvat
0
Jeudi 21 janvier 2010
4
21
/01
/Jan
/2010
11:01
Combien sommes nous frappés par les images et les témoignages venus d'un pays qui n'en fini pas de subir des souffrances indicibles. A quel étape de leur chemin de croix en sont-il venu? Si le
dernier tremblement de terre fait resurgir ce morceau d'île au bon souvenir des peuples nantis, faut-il rappeler que le calvaire de ce peuple remonte à bien avant sa création, que ces morts
alignés sur nos écrans ne sont que les victimes patientes inscrites sur une file sans cesse renouvelée des martyrs, corps décharnés de la malnutrition, du manque de soins et des conditions
sanitaires indignes.
Faut-il rappeler les propos de Stiglitz, dans « la grande désillusion », où déjà en 2002 il dénonce la pression faite sur Haïti par la banque mondiale. Pays de misère condamné à
rembourser un prêt dont il n'a jamais été bénéficiaire, pour cause de lenteur à appliquer « les réformes structurelles » qui mettrait ses quelques maigres ressources à la portée de la
prédation internationale.
Ou faut-il remonter à la sombre époque de la canne à sucre, comme fait Jared Diamond, la malchance d'une topographie pour expliquer les sols lavés à l'infini, érodés jusqu'à la pierre, la
cicatrice jamais refermée d'un esclavage le plus brutal de la planète, peuple déchiré par l'avidité sans fin des riches. Où faut-il contempler sans réagir les chefs d'états contemporains s'avilir
à faire une course obscène pour celui qui sera le premier à apparaître comme le sauveur d'un peuple à genoux. Les forces américaines des étasuniens se déploient avec armes et bagages, arrogance
sans cesse renouvelée par la magie du dollar, occupent en toute illégalité un pays souverain sans que le moindre débat à l'organisation des nations unies ne donne le moindre mandat pour ceci.
Pour masquer l'Afghanistan, pour redorer un président en perte de confiance, pour dissimuler le Nième bras de force avec l'Amérique latine, ou tout simplement la continuité des multiples
interventions malheureuses dont les états unis sont coutumier sur l'île?
Pauvre Haïti, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps...
Par Marc Horvat
1
Lundi 18 janvier 2010
1
18
/01
/Jan
/2010
11:34
Un ami, étranger à nos affaires, est venu apporter son soutien inattendu en venant au meeting de campagne parisien d'Europe écologie. Un meeting est un meeting, n'est ce pas, discours, tables
rondes, le but est bien sur d'afficher la cohérence d'un engagement par la présence unitaire des figures du mouvement. Pourtant, l'ami en question, habitué des grands raouts politiques, a fait la
réflexion suivante: C'était différent. Différent en quoi, questionnais-je aussitôt? Différent en ceci que c'était précis. Oui mais encore? Les gens (les orateurs) ont parlé de leur vécu, ce qu'il
disait était vrai. Pas de grands discours, mais l'évocation d'une pensée claire basée sur l'expérience.
Merci, cher ami, c'est bien ça, Europe écologie. En regardant la tribune des candidats, têtes de liste régionales et départementales autour, l'idée que se pourrait être dans n'importe quel
cinéma, ou salle spectacle m'est venue. Pas de vieux barbon costumé et encravaté recyclé à l'infini d'une instance politique à l'autre, pas de représentant des minorités visibles (sic) mis en
avant comme une publicité pour une poudre chocolatée, mais une cohorte de citoyens unis autour de la seule question qui vaille: que faire demain. Et parce qu'ils sont tous représentants des
actions associatives et citoyennes, une somme d'expertises issues d'une confrontation réelle au quotidien, ils en sont aussi les plus à même d'y répondre. Quel parti traditionnel osera encore
communiquer autour de la parité, du rassemblement, de la représentativité, après cela?
Ils
oseront encore, c'est même à ça qu'on les reconnais.
Par Marc Horvat
1